Travailler en Espagne : le guide pour les étrangers, des droits au salaire net
Avant de chercher une offre, il faut comprendre le cadre : avez-vous besoin d'un permis, quels horaires et quels congés la loi garantit-elle, ce que vous coûtent les cotisations, et quel statut choisir (salarié, indépendant, télétravailleur) ? Ce guide rassemble les règles en vigueur, avec leurs sources, et renvoie vers nos articles détaillés sur les offres d'emploi, les visas et le visa nomade digital.
Un citoyen de l'UE, de l'EEE ou de Suisse n'a besoin d'aucun permis pour travailler en Espagne (décret royal 240/2007) ; un ressortissant d'un autre pays doit obtenir une autorisation de séjour et de travail. La loi fixe 40 heures par semaine en moyenne annuelle, 30 jours calendaires de congés payés au minimum et 14 jours fériés au plus par an (Estatuto de los Trabajadores). Un salarié en contrat indéterminé cotise environ 6,5 % de son salaire brut (barème 2026). Le SMI 2026 est de 17 094 € bruts par an, et le salaire moyen de 29 540 € (INE, 2024).

- Faut-il un permis pour travailler en Espagne ?
- Les démarches d'installation d'un salarié
- Horaires de travail en Espagne
- Congés, jours fériés et période d'essai
- Salaires et cotisations
- Salarié, indépendant ou télétravailleur
- Impôts : résidence fiscale et régime Beckham
- Faut-il parler espagnol ?
- Santé et coût de la vie
- Les erreurs à éviter
- Se faire accompagner
- FAQ
Faut-il un permis pour travailler en Espagne ?
| Votre situation | Permis de travail | Pour aller plus loin |
|---|---|---|
| France, Belgique, autres pays UE/EEE ; Suisse | Non | NIE, Sécurité sociale, contrat |
| Autre pays, avec une offre d'un employeur espagnol | Oui, autorisation de séjour et de travail | Notre guide du visa de travail pour l'Espagne |
| Autre pays, télétravail pour une entreprise étrangère | Visa ou autorisation de télétravail | Notre guide du visa nomade digital |
Pour un Français, un Belge ou un Suisse, le droit de travailler est acquis. L'article 3 du décret royal 240/2007 leur ouvre toute activité salariée ou indépendante dans les mêmes conditions que les Espagnols, sauf les emplois publics qui impliquent l'exercice de l'autorité. Pour les autres nationalités, le séjour et le travail s'obtiennent ensemble : la démarche part en général de l'employeur et se rattache à un poste précis. Pour les secteurs et les salaires, voir notre guide des meilleurs emplois en Espagne pour les étrangers.
Les démarches d'installation d'un salarié
Obtenir son NIE
Le numéro d'identité d'étranger sert à signer un contrat, ouvrir un compte et déclarer ses impôts. Voir notre guide du NIE.
Signer le contrat et être déclaré à la Sécurité sociale
En principe, l'employeur déclare l'embauche et vous affilie. Gardez une copie de votre contrat et de votre attestation d'affiliation. Les règles sont détaillées dans notre guide de la Sécurité sociale en Espagne.
S'inscrire à la mairie (empadronamiento)
Ce certificat d'inscription sur le registre municipal est souvent demandé pour accéder aux services locaux et à la carte sanitaire.
Demander la carte sanitaire
Une fois affilié, adressez-vous au centre de santé de votre quartier.
Organiser le logement
Beaucoup commencent par louer. Pour comparer les villes, voir nos guides de Valence, Madrid, Malaga et Barcelone.
Horaires de travail en Espagne : ce que dit la loi
La durée légale du travail est de 40 heures par semaine en moyenne sur l'année. L'article 34 de l'Estatuto de los Trabajadores fixe ce plafond ; une convention collective ou votre contrat peut prévoir moins. Voici les règles qui encadrent la journée.
| Règle | Ce que dit la loi (article 34) |
|---|---|
| Durée hebdomadaire | 40 heures de travail effectif en moyenne annuelle |
| Durée quotidienne | 9 heures ordinaires au maximum, sauf autre répartition prévue par convention ou accord |
| Repos entre deux journées | 12 heures au minimum |
| Pause | 15 minutes au moins si la journée continue dépasse 6 heures |
| Repos hebdomadaire | Un jour et demi ininterrompu, en règle générale (article 37) |
| Contrôle | L'entreprise doit enregistrer chaque jour l'heure de début et de fin, et conserver ces registres 4 ans |
La loi ne dit rien de la pause déjeuner ni de la « journée coupée » : ce sont des usages d'entreprise et de secteur. Dans le commerce, la restauration et beaucoup de PME, la journée est souvent coupée par une longue pause ; dans les entreprises internationales et la tech, la journée continue est courante. Demandez l'horaire exact avant de signer. Une réduction du temps de travail à 37,5 heures a été évoquée, mais l'article 34 fixe toujours 40 heures.
Congés, jours fériés et période d'essai
- Congés payés : au moins 30 jours calendaires par an, non remplaçables par une indemnité (article 38).
- Jours fériés : 14 au maximum par an, dont 2 locaux (article 37). Quatre sont obligatoirement nationaux : Noël, le Nouvel An, le 1er mai et le 12 octobre. Les communautés autonomes choisissent les autres, d'où des calendriers différents d'une région à l'autre.
- Période d'essai : à défaut de convention collective, 6 mois au plus pour les techniciens diplômés et 2 mois pour les autres salariés, ramenés à 3 mois dans les entreprises de moins de 25 salariés pour ces derniers (article 14).
- Type de contrat : depuis la réforme du décret-loi royal 32/2021, le contrat à durée indéterminée est la forme de référence et les contrats temporaires sont encadrés.
Bon à savoir : la convention collective de votre secteur peut améliorer ces minima (plus de congés, moins d'heures, primes). Demandez laquelle s'applique à votre contrat.
Salaires et cotisations
Le SMI 2026 est de 1 221 € par mois sur 14 paiements, soit 17 094 € bruts par an (décret royal 126/2026). Le salaire annuel moyen était de 29 540 € bruts en 2024, de 17 653 € dans l'hôtellerie à 42 742 € dans l'information et la communication (INE). Le détail par secteur est dans notre guide des emplois pour les étrangers.
Du brut au net, le salarié supporte d'abord ses cotisations sociales. Pour un contrat à durée indéterminée en 2026, selon l'ordre de cotisation 2026 :
| Poste | Part du salarié |
|---|---|
| Contingences communes | 4,70 % |
| Chômage (contrat indéterminé) | 1,55 % |
| Formation professionnelle | 0,10 % |
| Mécanisme d'équité intergénérationnelle | 0,15 % |
| Total | 6,50 % |
L'impôt sur le revenu (IRPF) est ensuite retenu à la source, selon un barème progressif : voir notre guide de l'IRPF en Espagne.
Vous préparez une installation avec un emploi à la clé ? Avant de louer ou d'acheter, estimez vos frais avec notre simulateur gratuit, ou faisons le point sur votre projet lors d'un appel découverte.
Salarié, indépendant ou télétravailleur : quel statut choisir ?
| Statut | Pour qui | Point clé |
|---|---|---|
| Salarié d'une entreprise espagnole | Vous cherchez un poste local | Contrat, cotisations retenues, droits du travail espagnols |
| Indépendant (autónomo) | Vous facturez des clients, y compris espagnols | Inscription au recensement fiscal et affiliation au régime des indépendants (RETA) |
| Télétravailleur pour l'étranger | Vous gardez votre employeur ou vos clients hors d'Espagne | Visa nomade digital si vous venez d'un pays tiers ; sinon, Sécurité sociale applicable à vérifier |
Un indépendant déclare son activité à l'administration fiscale (modèles 036 ou 037) puis s'affilie au RETA, dont la cotisation dépend de ses revenus réels depuis la réforme de 2023. Un citoyen européen n'a pas besoin de visa pour cela. Si vous venez d'un pays tiers et que vous télétravaillez pour l'étranger, la voie est le visa nomade digital, dont le seuil de revenus et les justificatifs sont détaillés dans notre guide dédié.
Impôts : résidence fiscale et régime Beckham
Vous êtes résident fiscal espagnol si vous restez plus de 183 jours dans l'année ou si le centre de vos intérêts économiques est en Espagne (article 9 de la loi sur l'IRPF). Vous déclarez alors vos revenus mondiaux. La convention fiscale entre la France et l'Espagne répartit le droit d'imposer pour éviter la double imposition, mais elle ne dispense pas de déclarer.
Certains salariés qui s'installent peuvent opter pour le régime Beckham (article 93 de la loi sur l'IRPF) : leurs revenus du travail sont taxés à 24 % jusqu'à 600 000 €, puis 47 %, pendant l'année du changement de résidence et les cinq suivantes. Il faut ne pas avoir été résident espagnol les cinq années précédentes. L'option se fait par le modèle 149, dans les six mois suivant le début de l'activité (Agence fiscale espagnole). Le régime vise les salariés, y compris en télétravail, et pas les freelances en général. Faites-le chiffrer avant de vous engager.
Faut-il parler espagnol pour travailler en Espagne ?
Ce n'est pas obligatoire partout, mais c'est ce qui élargit le plus vos options. Sans espagnol, vous trouverez surtout du travail dans les entreprises internationales et technologiques où l'anglais est la langue de travail, dans des centres de services en français ou en anglais, et dans le tourisme des zones internationales. Dans une PME, une administration, la santé ou l'éducation, l'espagnol est indispensable, et les professions réglementées exigent la reconnaissance du diplôme. Le détail par profil est dans notre guide des emplois pour les étrangers.
Santé et coût de la vie
Une fois affilié à la Sécurité sociale, vous accédez au système de santé public avec la carte sanitaire. Il n'existe pas de mutuelle publique complémentaire comme en France : une assurance privée permet d'accéder au secteur privé et de raccourcir certains délais (voir notre guide des assurances de l'expatrié).
Selon Eurostat (niveaux de prix 2025), la consommation courante est environ 14 % moins chère en Espagne qu'en France, avec de grands écarts d'une ville à l'autre. Le détail est dans notre guide du coût de la vie en Espagne.
Les erreurs à éviter
- Commencer à travailler sans autorisation quand on vient d'un pays tiers : le salarié et l'employeur s'exposent à des sanctions.
- Signer sans connaître l'horaire exact et la convention collective applicable. Les usages varient fortement d'un secteur à l'autre.
- Confondre salaire brut et net. Comparez toujours après cotisations et impôt.
- Rater le délai de six mois du modèle 149 si vous visez le régime Beckham.
- Oublier le NIE et l'empadronamiento : ils conditionnent beaucoup de démarches.
- Négliger l'espagnol. Même dans une entreprise anglophone, il pèse sur le salaire et l'évolution.
Comment nous le savons : chez Olé Immobilier, ces informations s'appuient sur notre expérience de terrain au quotidien, les dossiers réels que nous menons pour nos clients, et l'expertise de notre équipe, qui réunit des chasseurs immobiliers expérimentés ainsi que des spécialistes du droit et de l'administration espagnole. Pour des exemples concrets, voir nos négociations récentes.
Se faire accompagner
Chez Olé Immobilier, nous sommes chasseurs immobiliers, côté acheteur uniquement. Nous ne plaçons pas de candidats, nous n'instruisons pas de dossiers de visa et nous ne sommes ni un cabinet d'avocats ni un conseiller fiscal : pour votre permis, votre contrat ou votre fiscalité, adressez-vous à un professionnel agréé. Ce que nous faisons, c'est vous aider à choisir la ville et le logement qui correspondent à votre projet professionnel, puis à acheter avec toutes les vérifications. Pour une vue d'ensemble de l'installation, voir notre guide pour s'expatrier en Espagne et celui sur le fait de devenir résident.
Un projet d'installation en Espagne ?
Parlons de votre ville, de votre budget et de votre logement lors d'un appel découverte gratuit, sans engagement.
FAQ : travailler en Espagne
Quels sont les horaires de travail en Espagne ?
La loi fixe 40 heures par semaine en moyenne annuelle, 9 heures ordinaires par jour au maximum, 12 heures de repos entre deux journées et une pause de 15 minutes au-delà de 6 heures continues. La pause déjeuner et la journée coupée relèvent des usages de l'entreprise, pas de la loi.
Combien de jours de congés payés a-t-on en Espagne ?
Au moins 30 jours calendaires de congés payés par an, selon l'article 38 de l'Estatuto de los Trabajadores, auxquels s'ajoutent les jours fériés, 14 au maximum par an dont 2 locaux. La convention collective ou le contrat peuvent prévoir davantage, mais jamais moins.
Un Français a-t-il besoin d'un permis pour travailler en Espagne ?
Non. Un Français, comme tout citoyen de l'UE, de l'EEE ou de Suisse, peut exercer toute activité salariée ou indépendante dans les mêmes conditions que les Espagnols (décret royal 240/2007). Il lui faut un NIE pour signer son contrat et une affiliation à la Sécurité sociale.
Combien un salarié cotise-t-il à la Sécurité sociale en Espagne ?
En 2026, un salarié en contrat indéterminé supporte environ 6,5 % de son salaire brut : 4,70 % de contingences communes, 1,55 % de chômage, 0,10 % de formation professionnelle et 0,15 % de mécanisme d'équité intergénérationnelle. L'impôt sur le revenu est retenu en plus.
Peut-on travailler en Espagne sans parler espagnol ?
C'est possible dans les entreprises internationales et technologiques où l'anglais est utilisé, dans les centres de services en français ou en anglais et dans le tourisme des zones internationales. Ailleurs, l'espagnol est indispensable, et il élargit toujours le choix d'emplois et améliore le salaire.
Le régime Beckham est-il ouvert aux freelances ?
En principe non : l'article 93 de la loi sur l'IRPF vise les salariés, y compris en télétravail, les administrateurs, les entrepreneurs et certains profils hautement qualifiés. Le taux est de 24 % jusqu'à 600 000 € pendant six ans, avec option au modèle 149 dans les six mois du début d'activité.











