Successions en Espagne : ce qu'un acheteur étranger doit anticiper

Acheter un bien en Espagne pose tôt ou tard la question de sa transmission. Depuis 2018, la loi espagnole ne peut plus discriminer les héritiers non-résidents, mais entre droit applicable, fiscalité régionale et délais serrés, mieux vaut comprendre les règles avant de signer chez le notaire, pas après un décès dans la famille.

L'essentiel en 30 secondes

Un héritier a 6 mois à compter du décès pour déclarer et payer l'impôt sur les successions en Espagne, avec une prorogation possible de 6 mois supplémentaires (à demander avant la fin du 5ᵉ mois, intérêts de retard dus sur la période prolongée). L'impôt est calculé selon les règles de la communauté autonome où se trouve le bien, et depuis un arrêt du Tribunal suprême de février 2018, les héritiers non-résidents (UE ou hors UE) ont accès aux mêmes réductions que les résidents espagnols : dans plusieurs régions prisées des étrangers (Valence, Andalousie, Madrid, Murcie), la bonification atteint jusqu'à 99 % pour un conjoint, un enfant ou un parent. Par défaut, c'est le droit du pays où résidait le défunt qui s'applique à la succession, sauf si un testament choisit explicitement sa loi nationale (« professio iuris »), une clause que nous recommandons systématiquement à nos clients étrangers.

Femme âgée et deux enfants illustrant une succession familiale en Espagne
En Espagne, le notaire vérifie l'identité des héritiers et authentifie le transfert du bien hérité.

Quelle loi s'applique à votre succession

Pour un Français, un Belge, un Suisse ou tout autre étranger propriétaire en Espagne, la première question n'est pas fiscale mais juridique : quelle loi régit la répartition de vos biens ? Le règlement européen 650/2012, applicable aux successions ouvertes depuis le 17 août 2015, pose une règle par défaut simple : c'est la loi du pays où le défunt avait sa résidence habituelle au moment du décès qui s'applique à l'ensemble de la succession, y compris aux biens situés à l'étranger.

Concrètement, si vous décédez en étant résident fiscal en Espagne, c'est le droit espagnol des successions qui s'applique par défaut, avec ses propres règles de réserve héréditaire (la « légitime »), potentiellement différentes de votre droit national. Le règlement européen permet toutefois une exception : la professio iuris, c'est-à-dire le choix explicite, dans un testament, de la loi de votre nationalité plutôt que celle de votre résidence. Cette clause doit être rédigée noir sur blanc dans l'acte : elle ne se présume jamais.

L'impôt sur les successions : qui paie, où, combien

L'impôt sur les successions et donations (Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones, ISD) est un impôt d'État, mais sa gestion et une large part de son barème sont délégués aux communautés autonomes. Résultat : le montant réellement dû pour un même héritage peut varier fortement selon la région où se trouve le bien.

La règle de compétence dépend de la résidence du défunt et de l'héritier : si aucun des deux ne réside en Espagne, c'est l'Oficina Nacional de Gestión Tributaria de l'Agence fiscale espagnole qui gère le dossier, mais en appliquant les règles de la communauté autonome où se situe le bien de plus grande valeur.

Sur le fond, de nombreuses communautés très recherchées par les acheteurs étrangers appliquent des bonifications importantes pour les successions en ligne directe (conjoint, enfants, parents) : la Communauté valencienne applique une bonification de 99 % pour les groupes de parenté I et II, et l'Andalousie exonère jusqu'à 1 million d'euros par héritier de ces mêmes groupes, avec une bonification de 99 % sur l'excédent. D'autres régions (Madrid, Murcie notamment) appliquent des réductions du même ordre. Ces barèmes évoluent chaque année : vérifiez toujours celui en vigueur dans la communauté autonome exacte où se situe le bien avant de faire une estimation.

Bon à savoir : depuis la réforme anti-fraude de 2022, la base d'imposition n'est plus le prix déclaré mais la valeur de référence cadastrale du bien, fixée chaque année par le Cadastre. Elle peut dépasser le prix réellement payé à l'époque de l'achat par le défunt : à intégrer dans votre estimation de l'impôt dû.

Non-résidents : la fin de la discrimination fiscale

Pendant des années, seuls les résidents fiscaux espagnols pouvaient bénéficier des bonifications régionales : un non-résident payait automatiquement selon le barème national, nettement moins avantageux. Cette différence de traitement a été jugée contraire à la libre circulation des capitaux par la Cour de justice de l'Union européenne le 3 septembre 2014, pour les résidents de l'UE et de l'EEE. Le principe est aujourd'hui rappelé sur le portail officiel Punto de Acceso General de l'administration espagnole.

Le Tribunal suprême espagnol est allé plus loin le 19 février 2018 (arrêt n° 242/2018) : il a étendu cette égalité de traitement aux héritiers résidant hors de l'Union européenne et de l'EEE, jugeant que la même discrimination s'appliquait à eux au regard du droit européen sur la libre circulation des capitaux. Concrètement, un héritier suisse, canadien ou britannique a aujourd'hui accès aux mêmes bonifications régionales qu'un résident espagnol, à égalité avec un héritier français ou belge.

Si vous ou un proche avez payé l'impôt sur les successions en Espagne en tant que non-résident au cours des quatre dernières années sans bénéficier des bonifications régionales, une demande de remboursement de la différence, majorée d'intérêts, reste en principe possible auprès de l'administration fiscale espagnole. Un avocat fiscaliste espagnol peut évaluer la faisabilité de cette démarche selon votre dossier.

Chaque succession dépend de la région, de la date du décès et du lien de parenté exact. Avant de vous fier à une estimation générale, faites vérifier votre situation précise par un professionnel. Prenez rendez-vous avec nos chasseurs immobiliers pour être orienté vers les bons interlocuteurs juridiques et fiscaux en Espagne.

Documents, délais et démarches

Le traitement d'une succession espagnole suit un cheminement assez similaire à la France, avec ses propres pièces obligatoires : acte de décès, certificat de dernières volontés (indiquant l'existence ou non d'un testament espagnol et le notaire dépositaire), inventaire des actifs et des dettes, puis acceptation et partage de l'héritage devant notaire avant le transfert de propriété.

Le délai légal pour déposer la déclaration et payer l'impôt est de 6 mois à compter du décès. Une prorogation de 6 mois supplémentaires peut être demandée, mais uniquement avant la fin du 5ᵉ mois, et des intérêts de retard courent dès l'expiration du délai initial même en cas de prorogation accordée. Passé ce délai sans démarche, des pénalités s'ajoutent à la dette fiscale.

Un héritier non-résident devra par ailleurs obtenir un NIE pour pouvoir signer l'acceptation d'héritage et faire inscrire le bien à son nom au registre de la propriété. Une fois la succession réglée, la revente ultérieure du bien reste soumise à ses propres règles fiscales, notamment la plusvalía municipale, potentiellement due dès le transfert par héritage et de nouveau lors d'une revente future.

Pourquoi anticiper avant d'acheter

La plupart des complications que nous observons chez nos clients viennent d'un achat réalisé sans réflexion successorale préalable. Rédiger un testament espagnol au moment de l'achat, en plus ou en complément d'un testament dans votre pays de résidence, permet de fixer clairement la loi applicable (professio iuris) et d'éviter à vos héritiers de découvrir, au pire moment, des règles de réserve héréditaire qu'ils ne connaissaient pas.

Le mode de détention du bien (en nom propre, en indivision entre époux, via une société) a également un impact direct sur la fiscalité successorale et mérite d'être discuté avec un avocat espagnol avant la signature, pas après.

Comment nous le savons : chez Olé Immobilier, ces informations s'appuient sur notre expérience de terrain au quotidien, les dossiers réels que nous menons pour nos clients, et l'expertise de notre équipe, qui réunit des chasseurs immobiliers expérimentés ainsi que des spécialistes du droit et de l'administration espagnole. Pour la partie successorale, nous orientons systématiquement nos clients vers des avocats fiscalistes espagnols indépendants. Pour des exemples concrets d'accompagnement, voir nos négociations récentes.

Pour resituer ce sujet dans l'ensemble de votre projet, notre guide de la fiscalité immobilière en Espagne couvre l'ensemble des impôts liés à un achat, et notre guide de l'impôt des non-résidents (IRNR) détaille la fiscalité courante d'un bien détenu depuis l'étranger.

Un achat à anticiper sereinement, y compris pour vos héritiers ?

Nos chasseurs immobiliers vous accompagnent de la recherche du bien jusqu'à la signature, et vous orientent vers les bons professionnels pour sécuriser aussi la transmission de votre bien.

FAQ : successions en Espagne pour un acheteur étranger

Quelle loi s'applique à la succession d'un étranger propriétaire en Espagne ?

Par défaut, la loi du pays où le défunt avait sa résidence habituelle au moment du décès, selon le règlement européen 650/2012. Un testament peut choisir explicitement la loi de sa nationalité à la place (professio iuris), une clause à rédiger clairement.

Les héritiers non-résidents paient-ils plus d'impôts sur les successions en Espagne ?

Non, plus depuis 2018. Le Tribunal suprême espagnol a étendu aux héritiers résidant hors UE/EEE le même accès aux bonifications régionales que les résidents espagnols, après un premier arrêt de la CJUE en 2014 pour les résidents UE/EEE.

Combien de temps a-t-on pour déclarer une succession en Espagne ?

6 mois à compter du décès, avec une prorogation possible de 6 mois si elle est demandée avant la fin du 5ᵉ mois. Des intérêts de retard courent dès la fin du délai initial même en cas de prorogation accordée.

Quelles communautés autonomes offrent les meilleures bonifications aux héritiers ?

Plusieurs régions prisées des étrangers appliquent des bonifications élevées pour les successions en ligne directe : la Communauté valencienne applique 99 % pour conjoints, enfants et parents, et l'Andalousie exonère jusqu'à 1 million d'euros par héritier avant une bonification de 99 % sur l'excédent.

Faut-il un NIE pour hériter d'un bien immobilier en Espagne ?

Oui. Un héritier non-résident doit obtenir un NIE pour signer l'acceptation d'héritage devant notaire et faire inscrire le bien à son nom au registre de la propriété espagnol.

Est-il utile de rédiger un testament espagnol si on achète en Espagne ?

C'est fortement recommandé. Un testament espagnol permet de fixer clairement la loi applicable à votre succession et d'éviter à vos héritiers l'incertitude ou l'application par défaut de règles de réserve héréditaire qu'ils ne connaissent pas.

Plage de Blanes sur la Costa Brava en Catalogne
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Témoignages vidéo
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    Aurélie Y.

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    On a eu la chance d’ouvrir notre pizzeria à Benidorm grâce à Olé 🍕 ...

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    Michel B.

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    Merci à Olé immobilier qui c'est occupé de tout! ...

    Murcie

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    Jean Pierre F.

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    Très professionnel et réactif pour la recherche de mon appartement en ...

    Tarragone

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    Jean H.

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    Rêve atteint.. avec Olé immobilier. Merci Hugo et toute l'équipe merci ...

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    Gérone

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    Laurent M.

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    Valence