Visa de travail en Espagne : types d'autorisation, conditions et démarches pour les non-Européens
Immigrer en Espagne pour y travailler quand on vient d'un pays hors UE ne se fait pas avec un simple visa touristique : il faut une autorisation de séjour et de travail, obtenue en général avant de partir, et la démarche dépend de votre profil (salarié, indépendant, cadre qualifié, saisonnier). Ce guide s'appuie sur le règlement d'application en vigueur et sur la loi sur les entrepreneurs, et distingue ce qui existe réellement de ce qu'on lit à tort sur le sujet.
Un ressortissant d'un pays hors UE/EEE/Suisse a besoin d'une autorisation de séjour et de travail. Pour un poste de salarié, c'est l'employeur espagnol qui la demande à l'office des étrangers ; l'administration a trois mois pour répondre, et l'absence de réponse vaut refus (décret royal 1155/2024). La première autorisation dure un an au plus, limitée à une communauté autonome et à une profession. Le visa se retire ensuite au consulat, puis il faut s'affilier à la Sécurité sociale dans les trois mois suivant l'arrivée. Le « visa de recherche d'emploi » n'est pas ouvert à tous, et le visa investisseur a été supprimé en avril 2025.

- Qui a besoin d'un visa de travail ?
- Les grandes voies, d'un coup d'œil
- Salarié avec contrat local
- Le parcours pas à pas
- Quel contrat de travail présenter ?
- Indépendant, entrepreneur
- Profils qualifiés, Blue Card, transfert intra-groupe
- Conditions générales et documents
- Durée et renouvellement
- Idées reçues à éviter
- Quelle voie selon votre profil
- Les erreurs à éviter
- Se faire accompagner
- FAQ
Qui a besoin d'un visa de travail en Espagne ?
Seuls les ressortissants de pays tiers sont concernés. Les citoyens de l'UE, de l'EEE et de Suisse peuvent travailler sans permis (décret royal 240/2007) : pour eux, voir notre guide pour travailler en Espagne. Si vous venez d'un autre pays (Maroc, Algérie, Tunisie, pays d'Afrique subsaharienne, Canada, Royaume-Uni, etc.), le droit de séjourner et celui de travailler s'obtiennent ensemble.
Une condition générale du règlement mérite d'être connue : pour obtenir un visa de résidence, on ne doit pas se trouver en situation irrégulière sur le territoire espagnol (article 38). Venir en touriste pour « chercher du travail sur place » puis régulariser n'est donc pas une stratégie sûre ; et travailler sans autorisation expose à des sanctions le salarié comme l'employeur.
Les grandes voies pour travailler en Espagne
| Voie | Pour qui | Durée initiale | Point clé |
|---|---|---|---|
| Salarié | Poste proposé par un employeur espagnol | 1 an maximum | L'employeur demande l'autorisation ; limitée à une région et une profession |
| Indépendant | Activité à son compte en Espagne | 1 an | Projet et qualification à démontrer ; limitée à une région et un secteur |
| Saisonnier | Activités de saison, un seul employeur | Validité 4 ans, 9 mois d'activité maximum par an | Contrat de saison |
| Profil hautement qualifié | Cadres, spécialistes, via une entreprise | 3 ans maximum | Demande à l'unité des grandes entreprises (UGE-CE) |
| Carte bleue européenne | Diplômés ou experts avec un contrat d'au moins 6 mois | 3 ans maximum | Salaire minimal lié au salaire moyen |
| Transfert intra-groupe (ICT) | Salarié muté d'une entreprise hors UE vers l'Espagne | 3 ans (cadres, spécialistes), 1 an (stagiaires) | 3 mois d'ancienneté préalable |
| Entrepreneur | Projet d'activité innovante | 3 ans | Avis préalable sur l'activité entrepreneuriale |
| Télétravail | Employeur ou clients hors d'Espagne | Visa 1 an, autorisation 3 ans | Voir notre guide du visa nomade digital |
| Recherche d'emploi | Descendants d'Espagnols, ou quotas de professions fixés par arrêté | 12 mois | Pas ouvert à tous |
Salarié avec contrat local : comment l'autorisation est accordée
Pour un poste de salarié, ce n'est pas le candidat qui dépose la demande d'autorisation, c'est l'employeur, auprès de l'office des étrangers de la province où se trouve le poste (articles 73 à 77 du règlement). L'administration vérifie notamment la « situation nationale d'emploi » : le poste doit être difficile à pourvoir avec la main-d'œuvre déjà présente en Espagne.
Deux situations se présentent. Soit la profession figure au catalogue des ocupaciones de difícil cobertura, que le Service public de l'emploi publie chaque trimestre pour chaque communauté autonome : l'employeur peut alors demander l'autorisation directement. Soit la profession n'y figure pas, et l'employeur doit prouver la difficulté de recruter : il publie l'offre auprès du service public de l'emploi, qui la diffuse pendant huit jours, puis délivre un certificat d'insuffisance de candidats (article 75).
Le catalogue ne couvre pas « les métiers qui recrutent ». Celui du 3e trimestre 2026 est dominé par la marine marchande, le sport professionnel et quelques métiers du bâtiment. Pour la plupart des postes, l'employeur doit donc passer par la preuve de la difficulté de recrutement : un employeur qui a déjà de l'expérience de ce parcours est un atout. Pour les secteurs et salaires, voir notre guide des emplois pour les étrangers.
Le parcours pas à pas pour un salarié
Décrocher une offre ferme
L'employeur espagnol doit être prêt à vous embaucher et à engager la procédure. Sans offre, il n'y a pas de dossier.
L'employeur dépose la demande d'autorisation
Auprès de l'office des étrangers de la province du poste, avec le contrat signé par les deux parties, dont l'entrée en vigueur est subordonnée à l'efficacité de l'autorisation.
Attendre la décision : trois mois maximum
L'administration vérifie la situation nationale d'emploi, la solvabilité de l'employeur et vos antécédents. Passé trois mois sans réponse, la demande est réputée refusée.
Demander le visa au consulat
Une fois l'autorisation accordée, le consulat dispose d'un mois pour délivrer le visa. Vous le retirez dans le délai d'un mois après notification.
Entrer en Espagne et être affilié à la Sécurité sociale
L'affiliation doit intervenir dans les trois mois suivant l'entrée légale, sans quoi l'autorisation n'a pas d'effet. Voir notre guide de la Sécurité sociale en Espagne.
Demander la carte d'identité d'étranger (TIE)
Si l'autorisation dépasse six mois, il faut la demander en personne dans le mois suivant l'affiliation. Le NIE et l'inscription à la mairie complètent l'installation : voir notre guide du NIE.
Vous préparez une installation avec un emploi à la clé ? Avant de louer ou d'acheter, estimez vos frais avec notre simulateur gratuit, ou faisons le point sur votre projet lors d'un appel découverte.
Quel contrat de travail présenter ?
L'article 74 du règlement pose les exigences sur le contrat :
- un contrat signé par le salarié et l'employeur, avec une activité continue pendant la durée de l'autorisation initiale ;
- des conditions conformes à la loi et à la convention collective applicable à la même activité, catégorie et localité ;
- pour un temps partiel, une rémunération annuelle au moins égale au SMI à temps plein (17 094 € bruts en 2026, décret royal 126/2026) ;
- un employeur à jour de ses obligations fiscales et sociales, avec des moyens suffisants pour assumer le contrat ;
- une qualification, et le cas échéant l'agrément professionnel, conformes à la profession.
Les droits attachés au contrat (horaires, congés, période d'essai, cotisations) sont détaillés dans notre guide pour travailler en Espagne.
Indépendant et entrepreneur : deux voies différentes
Travailleur indépendant. L'autorisation initiale dure un an et se limite à une communauté autonome et à un secteur d'activité. Il faut remplir les conditions légales d'ouverture de l'activité, avoir la qualification ou l'expérience requise, et justifier de la suffisance de l'investissement prévu et de son effet sur l'emploi, l'auto-emploi compris (articles 83 et 84). C'est un vrai dossier de projet, pas une simple formalité.
Entrepreneur. La loi 14/2013 prévoit une autorisation de résidence pour activité entrepreneuriale de trois ans, renouvelable deux ans, avec accès à la résidence permanente à cinq ans, demandée à l'UGE-CE (article 69). Si vous êtes hors d'Espagne, autorisation et visa se demandent dans une seule démarche.
Si votre employeur ou vos clients sont hors d'Espagne, la bonne voie est souvent le visa nomade digital, pas l'autorisation d'indépendant.
Profils qualifiés, Carte bleue européenne et transfert intra-groupe
- Profil hautement qualifié (article 71). Une entreprise a besoin d'un professionnel à forte qualification ; la demande peut être déposée par l'entreprise ou par le professionnel à l'UGE-CE. Dans sa version nationale, il faut un diplôme du niveau 5A du cadre espagnol ou trois ans d'expérience équivalente. Validité : trois ans, renouvelable deux ans, avec résidence de longue durée possible à cinq ans.
- Carte bleue européenne (article 71 bis). Il faut un diplôme de l'enseignement supérieur d'au moins trois ans, ou cinq ans d'expérience (trois dans les sept dernières années pour les métiers de l'informatique), un contrat d'au moins six mois et un salaire brut annuel supérieur à un seuil compris entre 1,0 et 1,6 fois le salaire brut moyen, abaissé à 80 % dans certains cas. Le seuil exact est fixé par règlement : faites-le confirmer avant de signer. Un titulaire d'une Carte bleue d'un autre État membre peut s'installer en Espagne après 12 mois de résidence là-bas.
- Transfert intra-groupe (article 73). Pour un directeur, un spécialiste ou un stagiaire diplômé muté d'une entreprise hors UE vers une entité du même groupe en Espagne : au moins trois mois de relation préalable, durée maximale de trois ans (un an pour les stagiaires).
Ces textes se trouvent dans la loi 14/2013. Le « seuil de 50 000 € » parfois cité n'y figure pas.
Conditions générales et documents pour le visa
Pour un visa de résidence, l'article 38 du règlement exige notamment :
- le formulaire de demande signé, un passeport en vigueur valable au moins un an ;
- pour un adulte, l'absence d'antécédents pénaux dans les pays de résidence des cinq dernières années ;
- un certificat médical attestant l'absence de maladies à risque grave pour la santé publique (règlement sanitaire international de 2005) ;
- l'autorisation initiale de résidence ou de travail, lorsqu'elle est exigée ;
- le paiement de la taxe de traitement.
Les documents étrangers doivent être traduits en espagnol et légalisés (apostille ou légalisation selon le pays). Le consulat compétent précise la liste exacte pour votre cas : ne vous fiez pas à une liste générique.
Durée et renouvellement du permis
- Première autorisation de salarié : un an maximum, limitée à une communauté autonome et à une profession.
- Renouvellement : à demander pendant les deux mois précédant l'expiration ; le dépôt dans ce délai prolonge la validité jusqu'à la décision (article 80). Il est accordé si la relation de travail se poursuit, ou si vous avez travaillé au moins trois mois par an et justifiez d'un nouveau contrat conforme.
- Long terme : pour les profils qualifiés et les entrepreneurs, la résidence de longue durée est accessible à cinq ans. Voir notre guide de la résidence permanente.
Idées reçues à éviter
- « Il existe un visa de recherche d'emploi pour tous. » Non : il n'est prévu que pour les descendants d'Espagnols et pour des quotas de professions et de territoires fixés par arrêté (articles 43 à 45). Il dure 12 mois.
- « Le visa investisseur permet de s'installer en achetant un bien. » Non : il a été supprimé le 3 avril 2025 par la loi organique 1/2025. Acheter un logement ne donne plus un titre de séjour.
- « Le visa saisonnier dure neuf mois. » L'autorisation de saison a une validité de quatre ans, avec au plus neuf mois d'activité par an (article 101).
- « On peut régulariser sa situation sur place après un séjour touristique. » Ce n'est pas la voie ordinaire pour un travail salarié : l'autorisation s'obtient avant de commencer. Des procédures de régularisation existent dans des cas précis, mais elles ne se planifient pas comme un parcours d'immigration.
Quelle voie selon votre profil
| Votre profil | Voie à privilégier | Premier pas |
|---|---|---|
| Vous avez une offre d'un employeur espagnol | Autorisation de salarié | L'employeur lance la demande à l'office des étrangers |
| Cadre ou expert avec un diplôme supérieur | Profil qualifié ou Carte bleue | Vérifier le diplôme (ou l'expérience) et le salaire minimal |
| Vous êtes muté par votre groupe | Transfert intra-groupe | Réunir 3 mois d'ancienneté et la lettre de mutation |
| Vous montez votre activité en Espagne | Indépendant ou entrepreneur | Construire le projet et le business plan |
| Vous télétravaillez pour l'étranger | Visa nomade digital | Vérifier le seuil de 200 % du SMI |
| Descendant d'un Espagnol d'origine | Visa de recherche d'emploi | Se renseigner auprès du consulat |
Les erreurs à éviter
- Partir sans autorisation en comptant « régulariser sur place ».
- Payer pour une « offre d'emploi garantie » ou un visa. Aucun employeur sérieux ne demande d'argent pour vous embaucher.
- Attendre au-delà de trois mois sans suivre le dossier. Sans réponse, la demande est réputée refusée : l'employeur doit anticiper.
- Oublier l'affiliation à la Sécurité sociale dans les trois mois. L'autorisation n'a pas d'effet sans elle.
- Se fier à un blog, y compris celui-ci, pour les seuils et les formulaires. Confirmez avec le consulat ou un avocat avant de déposer.
Comment nous le savons : chez Olé Immobilier, ces informations s'appuient sur notre expérience de terrain au quotidien, les dossiers réels que nous menons pour nos clients, et l'expertise de notre équipe, qui réunit des chasseurs immobiliers expérimentés ainsi que des spécialistes du droit et de l'administration espagnole. Pour des exemples concrets, voir nos négociations récentes.
Se faire accompagner
Chez Olé Immobilier, nous sommes chasseurs immobiliers, côté acheteur uniquement. Nous ne déposons pas de demandes d'autorisation ni de visas et nous ne sommes pas un cabinet d'avocats : pour votre dossier, adressez-vous à un avocat en droit des étrangers, à un gestor ou au consulat. Une fois votre statut en règle, nous vous aidons à choisir la ville et le logement qui conviennent, puis à acheter avec toutes les vérifications. Pour l'installation, voir notre guide pour s'expatrier en Espagne, celui sur le fait de devenir résident et celui des assurances de l'expatrié.
Un projet d'installation en Espagne ?
Parlons de votre ville, de votre budget et de votre logement lors d'un appel découverte gratuit, sans engagement.
FAQ : visa de travail en Espagne
Faut-il un visa pour travailler en Espagne quand on n'est pas européen ?
Oui. Un ressortissant d'un pays hors UE, EEE et Suisse doit obtenir une autorisation de séjour et de travail avant de commencer, puis le visa correspondant au consulat. Les citoyens de l'UE, de l'EEE et de Suisse n'ont besoin d'aucun permis (décret royal 240/2007).
Qui fait la demande d'autorisation de travail en Espagne ?
Pour un poste de salarié, c'est l'employeur espagnol qui dépose la demande à l'office des étrangers de la province où se situe le poste, avec le contrat de travail. Pour un indépendant ou un entrepreneur, c'est la personne elle-même ou son représentant.
Combien de temps faut-il pour obtenir un permis de travail en Espagne ?
L'administration a trois mois maximum pour répondre à la demande de l'employeur, et le silence vaut refus. Le consulat délivre ensuite le visa dans le mois, puis l'affiliation à la Sécurité sociale doit intervenir dans les trois mois suivant l'entrée en Espagne.
Existe-t-il un visa pour chercher du travail en Espagne ?
Oui, mais il n'est pas ouvert à tous : il est prévu pour les enfants ou petits-enfants d'Espagnols d'origine et pour des quotas de professions et de territoires fixés par arrêté. Sa durée est de douze mois et l'employeur doit demander l'autorisation une fois le contrat obtenu.
Combien de temps dure la première autorisation de travail ?
La première autorisation de salarié dure un an au maximum, limitée à une communauté autonome et à une profession. Celle d'indépendant dure un an, celle de profil hautement qualifié trois ans, celle d'entrepreneur trois ans. Le renouvellement se demande pendant les deux mois précédant l'expiration.
Le visa investisseur existe-t-il encore en Espagne ?
Non. Le visa de résidence pour investisseurs, souvent appelé visa doré, a été supprimé avec effet au 3 avril 2025 par la loi organique 1/2025. Acheter un bien immobilier ne donne donc plus droit à un titre de séjour pour les ressortissants de pays tiers.











