Comment obtenir un prêt immobilier en Espagne en tant qu’étranger ?
Mis à jour le: 22 novembre 2025
Temps de lecture: 14,8 min
Acheter un bien immobilier en Espagne reste un projet attractif pour de nombreux étrangers, qu’il s’agisse d’une résidence secondaire ou d’un investissement locatif. Pourtant, en tant que non-résident, les conditions d’accès au crédit diffèrent sensiblement de celles appliquées aux résidents espagnols. Les banques locales financent en général 60 à 70 % du prix d’achat, ce qui implique pour l’acheteur étranger un apport personnel important, souvent compris entre 30 et 40 %, auquel s’ajoutent les frais annexes.
Ce qu’il faut savoir avant de commencer:
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Montant finançable : jusqu’à 70 % du prix du bien pour un non-résident.
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Apport personnel : au minimum 30 %, souvent davantage.
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Conditions spécifiques : taux d’intérêt légèrement plus élevés et garanties plus strictes que pour les résidents.
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Financement alternatif : possibilité d’emprunter depuis votre pays de résidence (France, Belgique, Suisse…) sous conditions particulières.
Ces bases posées, ce guide se concentre sur l’aspect pratique : comment constituer un dossier bancaire solide, structurer vos justificatifs, anticiper les demandes de la banque et optimiser vos chances d’obtenir un crédit immobilier en Espagne dans les meilleures conditions.
Pour une vision globale des règles de financement, des taux 2026, des types de prêts et des conditions bancaires actuelles, consultez également notre guide principal : “Crédit immobilier en Espagne pour non-résidents : Guide complet 2026”.
1. Constitution d’un Dossier Solide : L’Étape Cruciale
Pour obtenir un crédit immobilier en Espagne en tant que non-résident, la qualité du dossier est déterminante. Les banques accordent une grande importance à la stabilité financière, à la cohérence des documents fournis et à la transparence de votre situation. Un dossier complet et bien présenté permet d’accélérer l’étude bancaire et d’améliorer vos chances d’obtenir de bonnes conditions.
a. Justificatifs de revenus : prouver votre stabilité financière
Les banques espagnoles doivent pouvoir vérifier que vos revenus sont réguliers, déclarés et suffisants pour respecter un taux d’endettement raisonnable. Les documents à fournir dépendent de votre situation professionnelle :
Pour les salariés
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Trois à six derniers bulletins de salaire
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Contrat de travail (idéalement un CDI) ou attestation de l’employeur
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Dernière ou dernières déclarations d’impôts
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Preuves éventuelles de revenus complémentaires (loyers, primes, bonus…)
Pour les indépendants, chefs d’entreprise ou professions libérales
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Bilans comptables et comptes de résultats des deux ou trois dernières années
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Déclarations fiscales complètes
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Attestation de votre expert-comptable résumant votre activité et vos revenus
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Relevés de facturation récents ou preuves de continuité d’activité
Pour les retraités
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Attestations de pension
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Preuves de revenus complémentaires (placements, loyers…)
Conseil pratique :
Les banques espagnoles exigent souvent que les documents étrangers soient traduits en espagnol par un traducteur assermenté. Anticiper cette étape évite des retards dans l’analyse du dossier.
b. Apport personnel et origine des fonds : un point scruté de près
Les non-résidents doivent généralement fournir un apport compris entre 30 et 40 % du prix d’achat, auquel s’ajoutent les frais (non financés par la banque). Les banques doivent également vérifier l’origine exacte des fonds, conformément aux règles européennes anti-blanchiment.
Justifier l’apport personnel
Documents acceptés :
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Relevés bancaires montrant l’épargne accumulée
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Attestation de vente d’un bien (acte + justificatif de réception des fonds)
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Documents relatifs à une donation ou un héritage
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Relevés de comptes-titres, livrets ou assurances-vie désinvestis
Montant conseillé
Un apport plus élevé (40 % ou davantage) peut :
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renforcer la confiance de la banque
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faciliter l’acceptation du crédit
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permettre de négocier de meilleures conditions
Conseil :
Évitez les mouvements de fonds récents ou non justifiés ; les banques espagnoles demandent une parfaite traçabilité.
c. Relevés bancaires récents : analyser la gestion de vos comptes
Les banques examinent systématiquement vos relevés des trois à six derniers mois pour évaluer votre comportement financier réel, au-delà des documents déclaratifs.
Ce que la banque veut vérifier
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Absence de découverts réguliers ou incidents de paiement
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Stabilité des revenus
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Capacité à épargner régulièrement
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Absence de dépenses disproportionnées
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Respect des engagements financiers (crédits en cours, échéances payées à temps)
Bonnes pratiques avant de déposer le dossier
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Éviter tout découvert dans les mois précédant la demande
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Fermer les petits crédits inutiles ou trop proches de l’endettement maximal
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Mettre de côté une épargne régulière pour rassurer l’analyste bancaire
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Organiser vos comptes pour qu’ils soient lisibles et cohérents
Conseil :
Présentez toujours vos relevés dans l’ordre, classés par compte et par mois. Un dossier clair réduit considérablement les risques de demande de documents supplémentaires.
2. Vérifier votre capacité d’emprunt avant de déposer votre dossier
Avant d’entrer en contact avec une banque espagnole, il est essentiel d’évaluer votre capacité d’emprunt. Cette étape permet d’éviter de déposer un dossier irréaliste ou incohérent avec vos revenus, ce qui entraîne systématiquement un refus. Les banques espagnoles utilisent des critères précis pour déterminer le montant qu’elles peuvent financer, surtout lorsqu’il s’agit de non-résidents.
a. Quel montant pouvez-vous emprunter ?
En Espagne, les banques financent en général 60 à 70 % du prix du bien pour un non-résident. Le reste — 30 à 40 % — doit être apporté par l’acheteur, en plus des frais d’acquisition.
Cependant, la banque ne se base pas uniquement sur le prix du bien : elle analyse également votre taux d’endettement, vos revenus nets, vos crédits en cours et votre stabilité financière.
Exemple simplifié
Pour un bien de 300 000 € :
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Montant théorique finançable : 180 000 à 210 000 €
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Le reste doit venir de votre apport + épargne disponible
À savoir :
Un profil avec de bons revenus, un historique bancaire propre et un endettement faible aura plus de marge de négociation sur le montant effectivement financé.
b. Estimer votre taux d’endettement avant d’envoyer votre dossier
Les banques espagnoles exigent que le taux d’endettement global (tous crédits compris) reste généralement sous 35 %, parfois 40 % pour les profils solides.
Pour calculer ce taux :
(Mensualités actuelles + mensualité du futur crédit) / Revenus nets du foyer
Attention : Si vous dépassez 35 %, votre dossier aura beaucoup plus de chances d’être refusé.
Bon réflexe avant la demande
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Rembourser un petit crédit à la consommation peut suffire à débloquer l’acceptation du dossier.
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Réduire certaines charges récurrentes peut aussi aider à retrouver de la marge.
c. Quelle durée de prêt demander ?
Pour les non-résidents, la durée maximale accordée se situe souvent entre 20 et 25 ans, même si certains établissements peuvent aller jusqu’à 30 ans selon le profil et l’âge.
Mais la durée choisie doit rester cohérente avec votre situation financière :
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Une durée plus longue → mensualité plus basse, mais coût total plus élevé
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Une durée plus courte → meilleure capacité de négociation, mais mensualité plus élevée
Conseil :
Calculez plusieurs scénarios (20 ans, 25 ans, 30 ans si éligible) pour présenter une demande réaliste dès le départ.
3. Processus de Demande de Crédit Immobilier en Espagne
Une fois votre dossier complet et cohérent, vous pouvez entamer la demande de crédit. Le processus en Espagne est relativement standardisé, mais comporte plusieurs étapes clés à respecter dans le bon ordre, surtout pour les non-résidents.
a. Choisir la banque (ou le courtier) la plus adaptée à votre profil
Toutes les banques espagnoles ne travaillent pas de la même façon avec les non-résidents. Certaines ont des produits dédiés (HolaBank/ CaixaBank, Banque Sabadell, Santander Mundo…), tandis que d’autres n’acceptent que les profils très solides.
Avant de déposer un dossier, il faut comparer :
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Le pourcentage de financement accordé aux non-résidents
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Les frais bancaires (ouverture de compte, dossier, conditions liées)
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Les exigences en termes de documents et de traduction
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Les assurances obligatoires (vie, habitation, moyens de paiement…)
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La réputation de la banque pour traiter les dossiers étrangers
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Le délai d’analyse moyen (qui peut varier du simple au double)
Conseil :
Un courtier spécialisé non-résidents peut vous éviter de multiplier les démarches et vous orienter directement vers l’établissement le plus adapté à votre profil — particulièrement utile si vous achetez à distance.
b. Obtenir une pré-approbation avant de chercher un bien
La pré-approbation (“pre-aprobación”) est une étape cruciale en Espagne, car il n’existe pas de clause suspensive de crédit dans les compromis de vente.
Cette pré-approbation permet de :
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connaître votre capacité d’emprunt réelle
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sécuriser votre position lorsque vous faites une offre
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rassurer le vendeur
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éviter de perdre un acompte si la banque refuse le financement
Elle s’obtient généralement en fournissant :
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vos justificatifs de revenus
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vos relevés bancaires
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vos documents fiscaux
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une première estimation de votre projet
À savoir :
La pré-approbation n’est pas un engagement définitif de la banque, mais elle constitue une base très solide pour négocier et avancer sans risque.
c. Évaluation du bien (Tasación) : une étape obligatoire
Avant d’accorder le crédit, la banque mandate un expert indépendant pour estimer la valeur réelle du bien. Cette évaluation — la tasación — permet à la banque de déterminer le montant maximum qu’elle peut financer.
Elle sert à :
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vérifier que le prix d’achat est cohérent avec le marché
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sécuriser la banque en cas de revente forcée
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calculer la valeur hypothécaire du bien
Coût : entre 300 € et 700 €, selon la taille et la localisation du bien.
Attention :
Si la tasación est inférieure au prix d’achat, la banque basera le financement sur la valeur estimée, et non sur le prix convenu.
Cela peut entraîner un besoin d’apport supplémentaire de dernière minute.
d. Accord final et signature de l’acte de prêt
Une fois la tasación validée et le dossier accepté, la banque émet :
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une offre de prêt détaillée,
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les conditions financières définitives,
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la documentation à transmettre au notaire.
Ensuite vient la signature chez le notaire :
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Signature du contrat de prêt hypothécaire
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Signature de l’acte d’achat
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Enregistrement de l’hypothèque au registre foncier
À prévoir :
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ouverture du compte bancaire espagnol (si ce n’est pas déjà fait)
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documents d’identité originaux
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traduction des documents si demandée
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paiement des frais liés aux actes
La présence chez le notaire est obligatoire, mais vous pouvez déléguer via procuration (poder notarial).
4. Les Frais Annexes à Prendre en Compte
Lors d’une demande de crédit immobilier en Espagne, il est important d’anticiper les frais qui s’ajoutent au prix d’achat et au montant emprunté. Une partie de ces coûts est directement liée au prêt, tandis que d’autres concernent l’acte d’achat et les taxes locales.
a. Les frais liés à la demande de crédit
Frais de dossier bancaire
La plupart des banques appliquent des frais administratifs pour l’étude et la mise en place du crédit. Ils représentent généralement 0,5 % à 1 % du montant emprunté, selon l’établissement.
Frais d’évaluation (tasación)
Obligatoire pour valider le montant finançable.
Coût moyen : 300 à 700 €, selon le type de bien et la région.
Frais de traduction (si nécessaires)
Les documents étrangers doivent parfois être fournis en version traduite par un traducteur assermenté.
Budget à prévoir : 10 à 60 € par page, selon la nature des documents.
b. Les frais liés aux actes notariés et à l’inscription hypothécaire
Même si ces frais ne sont pas tous directement liés au crédit, ils sont indispensables pour finaliser l’achat et acter l’hypothèque.
Vous devrez prévoir :
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Frais de notaire pour l’acte d’achat et l’acte de prêt
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Frais de registre foncier (inscription de l’hypothèque)
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Taxe AJD (Actos Jurídicos Documentados) selon la région et le type d’acte
L’ensemble représente généralement 2 % à 3 % du prix du bien, mais peut varier selon la communauté autonome.
c. Impôts et taxes sur l’achat du bien
Ces taxes dépendent du type de bien :
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ITP (biens anciens)
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TVA + AJD (biens neufs)
Pour une présentation complète des taxes, frais et pourcentages par région, consultez notre guide dédié : « Combien coûte l’achat d’un bien immobilier en Espagne ? TVA, ITP et frais annexes ».
d. Prévoir une marge de sécurité
Avant de déposer votre dossier, gardez en tête que l’ensemble des frais non financés (apport + taxes + frais liés au crédit) représente souvent 40 à 50 % du budget total réel.
Avoir une marge d’épargne disponible rassure la banque et facilite l’approbation du dossier.
Un dossier bien préparé pour un financement sans mauvaises surprises
Obtenir un crédit immobilier en Espagne en tant que non-résident repose avant tout sur la qualité du dossier présenté à la banque. Plus vos documents sont complets, structurés et cohérents, plus vous augmentez vos chances d’obtenir une réponse rapide et des conditions favorables. Un apport suffisant, des revenus stables, des relevés bancaires propres et une traçabilité claire de vos fonds constituent les fondations d’un dossier solide.
En suivant les étapes décrites dans ce guide — préparation des justificatifs, vérification de votre capacité d’emprunt, pré-approbation, tasación et finalisation notariale — vous mettez toutes les chances de votre côté pour mener votre projet à bien, même à distance.
Ce guide pratique est complémentaire du Guide complet 2026 sur le crédit immobilier en Espagne, qui détaille les taux, les prévisions, les types de prêts et l’ensemble du contexte bancaire actuel.
Consultez-le pour avoir une vision globale des conditions de financement en 2026.
Enfin, si vous résidez en France, en Belgique ou en Suisse, d’autres options existent, notamment le financement via une banque de votre pays avec garantie locale ou nantissement. Cette alternative peut être intéressante selon votre situation patrimoniale.
Nous abordons cette possibilité dans cet article dédié : La Fiscalité des Retraités Français, Belges, et Suisses en Espagne : Guide Complet
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