Coût de la vie en Espagne pour les retraités français : couple de retraités analysant leur budget quotidien, dépenses réelles, pouvoir d’achat et niveau de vie après une installation en Espagne.

Coût de la vie en Espagne : ce que paient vraiment les retraités français

Mis à jour le: 4 février 2026

Temps de lecture: 19,2 min

Ce n’est pas l’Espagne qui attire, mais la France qui, peu à peu, devient moins praticable pour une partie de ses retraités. Il ne s’agit ni de rupture culturelle, ni d’idéalisme migratoire. Simplement d’un glissement silencieux, construit autour d’arbitrages progressifs : coût du logement, pression fiscale, accès aux soins, marge de manœuvre quotidienne.

Dans ce contexte, la question n’est pas de savoir si la vie coûte moins cher en Espagne, mais comment elle s’organise différemment pour ceux qui s’y installent à la retraite. Non pas un indicateur global, mais une structure budgétaire : quels postes baissent ? Lesquels résistent ? Quelles marges concrètes sont rendues possibles par ce déplacement ?

L’approche qui suit repose exclusivement sur des logiques terrain. Ni moyennes statistiques, ni projections théoriques : des scénarios budgétaires réalistes, fondés sur des trajectoires d’installation, des profils récurrents, et des configurations stabilisées. L’objectif : offrir une lecture nuancée, sans promesse ni alarme, du coût réel de la retraite en Espagne.

Vous n’avez pas le temps de tout lire ?

Ce décryptage budgétaire distingue cinq postes principaux de dépenses pour les retraités français installés en Espagne : logement, santé, consommation courante, frais administratifs et fiscaux, et charges liées au double ancrage avec la France.

  • Le logement reste le poste structurant, avec des loyers très variables selon les zones (450 à 1 400 €/mois)
    et des prix d’achat globalement inférieurs à ceux observés en France.
  • La santé est couverte en partie par le système public via le formulaire S1,
    mais nécessite souvent une complémentaire (CFE, mutuelle locale ou mixte).
  • La consommation courante (alimentation, transport, loisirs) permet des économies substantielles,
    grâce à des habitudes de vie moins coûteuses et à des tarifs spécifiques pour les +65 ans.
  • Les frais administratifs (NIE, traductions, fiscalité locale) sont ponctuels mais non négligeables,
    notamment lors de l’installation.
  • Le maintien d’un lien avec la France génère des coûts indirects (voyages, gestion d’un bien, transferts familiaux) à intégrer selon les cas.

Trois profils budgétaires-types sont détaillés dans cet article, avec un budget mensuel estimé allant de 995 € à 1 580 € par personne, selon le statut résidentiel, le mode de vie et le degré de mobilité France-Espagne.

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  • Couple de retraités marchant en bord de mer dans une ville côtière espagnole, illustrant la qualité de vie, l’accessibilité et la projection concrète d’une retraite en Espagne.
    Pourquoi choisir l’Espagne pour sa retraite : qualité de vie, accessibilité, projection concrète
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    Retraite en Espagne : Le Guide Complet pour les Français

Logement : Premier levier budgétaire structurant

Le logement représente le pivot budgétaire principal pour les retraités installés en Espagne. Contrairement à la vie active, où les dépenses sont plus diversifiées, la retraite concentre une part significative du budget sur la résidence principale. L’Espagne offre à ce titre une souplesse rare, à condition de bien comprendre les écarts structurels par rapport à la France.

Variation de coût selon la nature du logement choisi

Les retraités optent majoritairement pour l’une des trois modalités : location longue durée, achat d’une résidence principale, ou semi-résidence (séjours fractionnés avec location saisonnière ou usage secondaire). Chaque configuration produit des effets budgétaires distincts.

Location longue durée : niveaux de loyers selon zones

Les loyers varient fortement selon la localisation et le type de bien.

En 2024, pour un appartement de 60 à 80 m² :

  • Zones très tendues (Barcelone, centre de Madrid) : 950 à 1 400 €/mois
  • Zones côtières attractives (Alicante, Malaga, Valence) : 700 à 1 000 €/mois
  • Villes moyennes et arrière-pays : 450 à 700 €/mois

Les loyers incluent rarement les charges (eau, électricité, Internet), sauf en meublé touristique.

Achat : fourchettes de prix à l’achat, charges récurrentes

Les prix à l’achat restent globalement plus accessibles qu’en France, avec de fortes disparités :

  • Appartement ancien en zone secondaire : 1 200 à 2 200 €/m²
  • Bien rénové ou récent en ville moyenne : 2 000 à 3 000 €/m²
  • Programme neuf en zone touristique : 2 800 à 4 200 €/m²

À ces prix s’ajoutent :

  • Charges de copropriété (frais communs obligatoires, 40 à 120 €/mois selon standing)
  • Taxe foncière locale (IBI, impôt municipal annuel) : 300 à 800 €/an
  • Frais de notaire, enregistrement et avocat (frais d’acquisition obligatoires, 10 à 13 % du prix d’achat)

Comparatif résidence principale / secondaire / semi-permanente

  • Résidence principale à l’année : coût global stable, avec bénéfice structurel à l’achat sur le long terme.
  • Résidence secondaire ou usage fractionné : loyers saisonniers plus élevés, besoin de services de gestion.
  • Semi-résidence : modèle hybride, budgétairement plus variable, mais sans surcoûts systématiques si le logement est optimisé pour les séjours prolongés.

Frais associés au logement

Les frais annexes dépendent de l’ancienneté du bâti, de la qualité de l’isolation et des équipements.

  • Charges de copropriété : variables selon piscine, ascenseur, gardiennage.
  • Entretien courant : prestations souvent moins chères qu’en France (jardinage, réparation).
  • Consommation énergétique :
    • Chauffage : peu d’immeubles collectifs, usage individuel, consommation modérée dans le sud.
    • Climatisation : surcoût ponctuel l’été si équipement ancien ou mal isolé.

Écarts thermiques : impact sur chauffage/climatisation

La perception d’un climat clément ne doit pas masquer certaines réalités :

  • Dans le sud, les hivers peuvent être humides et frais, sans chauffage central.
  • L’été impose parfois un recours intensif à la climatisation.
  • Les biens récents offrent souvent une meilleure inertie thermique, mais à un coût supérieur à l’achat.
Benjamin Gomes Chasseur Immobilier en Espagne

Le témoignage de Benjamin

Chasseur immobilier en Espagne

Le couple que nous avons accompagné à Dénia avait initialement prévu une location annuelle pour « tester le quotidien ». Après un an, ils ont acheté un bien de plain-pied dans une zone moins touristique. Le budget d’achat (2 100 €/m²) leur a permis de réduire leur charge mensuelle totale de plus de 30 % par rapport à la location. La progressivité de leur installation a sécurisé leur choix, sans renoncer à leurs critères de confort.

Santé : Dépenses visibles et invisibles à anticiper

Le système de santé espagnol, bien que performant, diffère sur plusieurs points des habitudes françaises. Pour les retraités installés, la compréhension des mécanismes de prise en charge conditionne l’anticipation budgétaire. Certains frais sont bien couverts ; d’autres, plus discrets, peuvent générer des coûts réguliers ou imprévus.

Accès aux soins via le formulaire S1 : ce qui est réellement couvert

Le formulaire S1 délivré par la France permet aux retraités percevant une pension française de s’affilier au régime public espagnol. Cette affiliation ouvre l’accès aux soins publics, dans les conditions des assurés espagnols.

Prise en charge publique : généralistes, hôpital, médicaments

  • Les consultations chez les généralistes du centre de santé public sont gratuites.
  • L’hôpital public couvre intégralement les soins urgents, les chirurgies planifiées et les traitements chroniques.
  • Les médicaments prescrits sont partiellement remboursés : 10 % à 60 % du prix, selon le statut du patient.
  • Les délais peuvent toutefois être longs pour les spécialistes ou examens non urgents.

Dépenses hors couverture : dentaire, optique, spécialistes privés

  • Soins dentaires : peu couverts, sauf en cas d’urgence. Les soins courants (détartrage, caries, prothèses) sont entièrement à charge.
  • Optique : lunettes, lentilles et examens de vue sont généralement non remboursés.
  • Médecine spécialisée : de nombreux retraités ont recours au privé pour réduire les délais (dermatologie, rhumatologie, etc.).

Coût moyen :

  • Consultation privée : 50 à 120 €
  • Détartrage : 40 à 80 €
  • Lunettes simples : 150 à 300 €

Assurances complémentaires : CFE, mutuelle locale ou mixte

Face à ces limitations, de nombreux retraités optent pour une protection complémentaire. Trois schémas dominent :

Affiliation à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE)

  • Offre une couverture équivalente à la Sécurité sociale française.
  • Remboursements sur base française, applicables en Espagne.
  • Primes variables selon âge : à partir de 90 €/mois après 65 ans.
  • Comprendre la CFE

Mutuelle locale espagnole

  • Accès direct au secteur privé.
  • Réseau de soins conventionnés.
  • Primes de 60 à 120 €/mois selon âge, franchise, couverture dentaire incluse ou non.

Couverture mixte (CFE + mutuelle complémentaire)

  • Garantit un cadre de remboursement sécurisé avec un accès rapide aux soins privés.
  • Recommandée pour les profils ayant des antécédents médicaux ou recherchant une stabilité long terme.

Cas-type budgétaire : Retraité affilié CFE + mutuelle locale

Santé — budget annuel estimé
Élément couvert Budget annuel estimé
Cotisation CFE (65-70 ans) 1 200 €
Mutuelle locale complémentaire 1 080 à 1 400 €
Dépenses non remboursées (optique, dentaire) 300 à 600 €
Total santé annuel estimé 2 600 à 3 200 €

Cotisation CFE (65–70 ans)

Budget annuel estimé : 1 200 €

Mutuelle locale complémentaire

Budget annuel estimé : 1 080 à 1 400 €

Dépenses non remboursées (optique, dentaire)

Budget annuel estimé : 300 à 600 €

Total santé annuel estimé

Budget annuel estimé : 2 600 à 3 200 €

Ces montants restent indicatifs, mais reflètent les configurations les plus fréquentes chez les retraités français installés hors grandes métropoles. Dans un cadre maîtrisé, la santé reste un poste conséquent, mais prévisible.

Consommation courante : une sobriété rendue possible

Le quotidien des retraités installés en Espagne repose souvent sur un niveau de consommation maîtrisé. Non par contrainte, mais par adéquation entre les usages locaux, les ressources disponibles et les services proposés. Ce modèle permet, à revenus constants, un confort budgétaire différencié, moins dépendant d’une consommation standardisée.

Alimentation, transport, entretien courant

Économie possible sur l’alimentaire local, marchés, circuits courts

L’Espagne offre une culture alimentaire fondée sur des produits frais, locaux et disponibles hors des circuits industriels. Les marchés municipaux, nombreux dans les villes moyennes, proposent des produits de saison à des prix souvent inférieurs à ceux des supermarchés. La structure des repas, généralement plus simple, contribue également à contenir les dépenses.

Exemple observé en zone Valencienne :
Panier hebdomadaire fruits-légumes-œufs-huile < 30 € pour deux personnes.

Transport : moindre dépendance à la voiture, offres seniors

Dans de nombreuses villes, le besoin de voiture personnelle diminue fortement. Les centres sont denses, les transports publics fiables et bon marché. Des abonnements spécifiques sont proposés aux résidents de plus de 65 ans, parfois gratuits selon les régions.

  • Bus urbain : 0,30 à 0,70 € le trajet avec carte senior.
  • Tram ou train de banlieue : réduction de 40 à 75 % sur présentation du NIE et justificatif d’âge.

Budget domestique : ménage, pressing, petits services

Les coûts liés à l’entretien courant du domicile restent modérés, notamment via les services de proximité. Le recours à une aide ménagère à temps partiel est courant et économiquement accessible, souvent entre 10 et 14 €/heure déclarée. Les pressings, petits travaux ou services techniques (plomberie, électricité) appliquent des tarifs sensiblement inférieurs aux standards français hors zones ultra-touristiques.

Loisirs du quotidien : un accès facilité

Activités culturelles, sportives ou associatives locales

L’offre de loisirs dans les villes espagnoles reste dense, même en dehors des métropoles. Les bibliothèques municipales, centres civiques ou maisons de la culture proposent de nombreuses activités en accès libre ou à coût réduit. Le rythme social favorise aussi des formes de loisirs informels : balades, marchés, concerts en plein air, fêtes de quartier.

Tarifications avantageuses pour les +65 ans

Des dispositifs spécifiques permettent un accès facilité à certains équipements :

  • Cinéma : tarifs réduits (3 à 5 € la séance).
  • Piscines municipales et installations sportives : abonnements seniors dès 10 €/mois.
  • Accès gratuit ou fortement réduit aux musées publics et monuments pour les résidents seniors.

Ce modèle d’accès aux loisirs, peu dépendant de la consommation marchande, contribue à renforcer la qualité de vie sans déséquilibrer le budget. Il constitue l’un des éléments différenciants majeurs par rapport à une retraite urbaine en France.

Dépenses administratives et fiscales spécifiques

Au-delà du coût de la vie quotidienne, les retraités installés en Espagne doivent intégrer un ensemble de frais liés à leur statut administratif et fiscal. Ces dépenses, parfois marginales mais récurrentes ou concentrées lors de phases clés (installation, déclaration fiscale, régularisation), constituent un poste distinct à anticiper.

Fiscalité en Espagne : impôts à prévoir selon le profil du retraité

Résidents fiscaux vs non-résidents : imposition réelle sur les pensions

La fiscalité applicable dépend du statut de résidence fiscale. Un retraité devient résident fiscal en Espagne s’il y passe plus de 183 jours par an ou si son centre d’intérêt économique s’y situe. Dans ce cas, l’ensemble de ses revenus mondiaux est imposé en Espagne selon l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPF).

  • Retraite publique française (ex-fonctionnaire) : imposée exclusivement en France.
  • Pensions du régime général ou complémentaires : imposées en Espagne pour les résidents fiscaux.

Impôt sur le revenu, absence de taxe d’habitation, taxe foncière (IBI)

  • Impôt sur le revenu IRPF : barème progressif entre 19 % et 47 %, avec un taux effectif souvent inférieur grâce aux abattements applicables aux retraités.
  • Taxe d’habitation : inexistante en Espagne, en dehors de redevances municipales ponctuelles.
  • IBI (Impuesto sobre Bienes Inmuebles) : taxe foncière annuelle calculée sur la valeur cadastrale, généralement comprise entre 300 et 800 € pour un bien standard.

Pour les non-résidents fiscaux, une imposition forfaitaire de 19 % (citoyens UE) est appliquée sur les revenus locatifs réels ou sur un revenu cadastral réputé, en plus de l’IBI.

Démarches locales à budgéter

Certaines démarches entraînent des frais ponctuels ou récurrents, notamment lors de l’installation :

  • Traductions assermentées (actes d’état civil, justificatifs, certificats) : 20 à 50 € par document.
  • Demande ou renouvellement du NIE : frais administratifs limités, mais prestations d’accompagnement fréquentes (30 à 150 €).
  • Empadronamiento : gratuit, mais conditionné à un justificatif de domicile valide.

Honoraires ponctuels : avocats, fiscalistes, notaires

Selon les situations (déclaration fiscale, succession, achat immobilier), l’accompagnement par des professionnels peut s’avérer nécessaire :

  • Fiscaliste bilingue : 150 à 300 € pour une déclaration complète.
  • Notaire : honoraires réglementés, autour de 600 à 900 € pour une transaction standard.
  • Avocat spécialisé (droit des étrangers, fiscalité, immobilier) : 100 à 250 € de l’heure selon expertise et complexité du dossier.

Ces frais, parfois ponctuels mais incontournables à certains moments du parcours (installation, acquisition, régularisation administrative), doivent être intégrés dans une projection budgétaire réaliste et cohérente.

Vie semi-touristique ou semi-résidentielle : Des coûts spécifiques souvent négligés

L’installation en Espagne ne signifie pas une coupure nette avec la France. Nombreux sont les retraités à maintenir une double présence géographique, volontaire ou contrainte, générant des dépenses supplémentaires peu visibles dans les moyennes statistiques.

Maintien d’un lien avec la France : coûts induits

Allers-retours réguliers, hébergement en France

Pour les retraités partageant leur temps entre Espagne et France, les déplacements constituent un poste significatif :

  • Vols réguliers : entre 60 € et 180 € A/R selon la saison et l’anticipation.
  • Train ou voiture : coût moyen A/R de 120 € à 250 €, carburant et péages inclus.
  • Hébergement ponctuel en France : location temporaire ou charges d’entretien d’un bien conservé.

Ces frais s’ajoutent aux dépenses locales et varient selon le rythme des visites familiales, administratives ou médicales.

Coût psychologique et logistique d’un double ancrage

Au-delà des dépenses directes, la gestion de deux lieux de vie suppose :

  • une duplication partielle des équipements de base (vêtements, électroménager léger, abonnements) ;
  • un effort logistique permanent (transferts de documents, gestion du courrier, clarification de la double fiscalité) ;
  • une dispersion affective pouvant entraîner des décisions de dernière minute, souvent coûteuses et mal anticipées.

Ce mode de vie hybride requiert une souplesse financière et organisationnelle importante, régulièrement sous-estimée lors des premières projections.

Soutien financier à des proches restés en France

Transferts occasionnels ou récurrents

Certaines situations entraînent des soutiens transfrontaliers :

  • Aide ponctuelle à un enfant ou petit-enfant (dons, participation à des frais) ;
  • Contribution à un loyer ou à une pension alimentaire ;
  • Financement partiel de frais médicaux ou d’accompagnement en fin de vie d’un parent.

Ces transferts, bien qu’invisibles dans les budgets moyens, pèsent concrètement sur les équilibres financiers de nombreux retraités expatriés.

Arbitrages rendus possibles par le différentiel de coût de la vie

Le coût de la vie plus modéré en Espagne ouvre des marges de manœuvre utiles :

  • maintien d’une résidence secondaire en France tout en vivant confortablement en Espagne ;
  • épargne structurelle sur la consommation quotidienne, réaffectée à des projets familiaux ou personnels.

Cette marge reste toutefois sensible : hausse des loyers, inflation ciblée ou variations économiques peuvent rapidement réduire cet écart.

Synthèse budgétaire raisonnée : profils-types à la retraite

Les trajectoires budgétaires des retraités installés en Espagne varient selon leur statut résidentiel, leur niveau de vie antérieur et le mode de vie recherché. Trois profils représentatifs permettent d’illustrer ces écarts de manière concrète.

Retraité seul en location dans une ville moyenne

Ce profil privilégie la simplicité logistique et un budget maîtrisé :

  • Loyer : 550 € (appartement 1 chambre, ville moyenne hors zone côtière)
  • Charges & énergie : 100 €
  • Santé (CFE + mutuelle locale) : 140 €
  • Alimentation & courses : 250 €
  • Transports : 50 € (bus local, déplacements ponctuels)
  • Loisirs & culture : 80 €
  • Total mensuel estimé : 1 170 €

Couple propriétaire en bord de mer, mode de vie sobre

Résidence principale acquise, ancrage local durable, rythme maîtrisé :

  • Charges de copropriété & entretien : 160 €
  • Impôts locaux (IBI) : 35 €
  • Santé (assurance locale + compléments ponctuels) : 200 €
  • Alimentation & marchés : 400 €
  • Transports : 80 € (voiture + marche)
  • Loisirs et sorties locales : 120 €
  • Total mensuel estimé : 995 € par personne

Profil mixte (résidence semi-principale / déplacements fréquents)

Double ancrage, rythme hybride entre Espagne et France :

  • Loyer Espagne (mois partiels) : 400 €
  • Frais de transport transfrontalier : 250 €
  • Santé (CFE + complément privé France) : 180 €
  • Charges France (résidence secondaire) : 200 €
  • Alimentation & vie courante (2 pays) : 450 €
  • Loisirs, services, extras : 100 €
  • Total mensuel estimé : 1 580 €

Tableau comparatif synthétique

Comparatif de budget mensuel selon profil de retraité en Espagne
Poste mensuel Retraité seul locataire Couple propriétaire (par pers.) Profil mixte
Logement (loyer ou charges) 550 € 160 € 400 €
Santé 140 € 200 € 180 €
Alimentation & courses 250 € 400 € 450 €
Transports 50 € 80 € 250 €
Loisirs & culture 80 € 120 € 100 €
Charges diverses 100 € 35 € (IBI) 200 €
Total estimé 1 170 € 995 € 1 580 €

Logement (loyer ou charges)

Retraité seul locataire : 550 €
Couple propriétaire (par pers.) : 160 €
Profil mixte : 400 €

Santé

Retraité seul locataire : 140 €
Couple propriétaire (par pers.) : 200 €
Profil mixte : 180 €

Alimentation & courses

Retraité seul locataire : 250 €
Couple propriétaire (par pers.) : 400 €
Profil mixte : 450 €

Transports

Retraité seul locataire : 50 €
Couple propriétaire (par pers.) : 80 €
Profil mixte : 250 €

Loisirs & culture

Retraité seul locataire : 80 €
Couple propriétaire (par pers.) : 120 €
Profil mixte : 100 €

Charges diverses

Retraité seul locataire : 100 €
Couple propriétaire (par pers.) : 35 € (IBI)
Profil mixte : 200 €

Total estimé

Retraité seul locataire : 1 170 €
Couple propriétaire (par pers.) : 995 €
Profil mixte : 1 580 €

Les erreurs fréquentes d’évaluation du budget à l’étranger

  • Moyennes nationales trompeuses : les chiffres globaux masquent les écarts entre zones tendues et villes secondaires.
  • Oubli des frais administratifs initiaux : traductions, NIE, formalités diverses peuvent représenter jusqu’à 1 000 € à l’installation.
  • Minimisation des coûts liés au double ancrage : maintenir des attaches en France suppose une organisation coûteuse.
  • Dépenses de santé sous-estimées : les soins non couverts (optique, dentaire, spécialistes privés) pèsent davantage que prévu.
  • Variabilité du taux de change (pour les pensions en euros non espagnols) : une dégradation brutale peut impacter le pouvoir d’achat.

Une économie réelle, mais contextuelle

Le différentiel de coût de la vie entre la France et l’Espagne ne relève ni du mythe doré, ni de la simple mécanique comptable. Il existe, mais il se manifeste à travers des postes de dépenses redéfinis, des arbitrages structurels, et une organisation quotidienne distincte. La sobriété rendue possible par le cadre espagnol repose autant sur des facteurs économiques que culturels.

Toute projection budgétaire sérieuse suppose un calibrage progressif, appuyé sur des situations réelles, des rythmes de vie observés, et une lucidité sur les charges spécifiques à chaque profil. Ni modèle figé, ni automatisme migratoire : le choix d’une retraite en Espagne s’inscrit dans une logique d’adaptation maîtrisée.

Ce décryptage du budget courant ne prend son plein sens qu’en articulation avec d’autres leviers fondamentaux du projet d’installation. Les dimensions fiscales, sanitaires ou patrimoniales doivent être croisées pour construire une projection cohérente et durable.

Questions fréquentes

  1. Quel est le budget mensuel moyen d’un retraité français vivant en Espagne ?
    Le budget mensuel varie fortement selon le mode de vie et le lieu de résidence. Il oscille entre 995 € pour un couple propriétaire en zone non tendue et 1 580 € pour un profil semi-résident, incluant logement, santé, consommation, transport et loisirs.
  2. L’Espagne est-elle réellement moins chère que la France à la retraite ?
    Oui, mais pas de manière uniforme. Certains postes sont structurellement moins coûteux (alimentation, transport, loisirs publics), tandis que d’autres (santé hors couverture, frais administratifs) doivent être anticipés. Le différentiel est réel, à condition d’un ancrage maîtrisé.
  3. Quels sont les frais de santé à prévoir pour un retraité affilié via le formulaire S1 ?
    Le formulaire S1 donne accès au système public espagnol. Les soins de base sont bien couverts, mais les postes optique, dentaire et spécialistes privés nécessitent souvent une complémentaire (CFE, mutuelle locale ou mixte). Un budget annuel de 2 600 à 3 200 € est courant pour une couverture mixte.
  4. Quel est le coût moyen d’un loyer longue durée en Espagne pour un retraité ?
    En 2024, les loyers mensuels pour un appartement de 60 à 80 m² varient de :

    • 450 à 700 € en ville moyenne ou arrière-pays,
    • 700 à 1 000 € en zone côtière attractive,
    • 950 à 1 400 € dans les grandes métropoles (Barcelone, Madrid).
  5. Quelles taxes un retraité français doit-il payer s’il devient résident fiscal en Espagne ?
    Un résident fiscal paie l’impôt sur le revenu espagnol (IRPF) sur ses pensions non publiques, ainsi que la taxe foncière locale (IBI) s’il est propriétaire. La taxe d’habitation n’existe pas en Espagne. Les pensions publiques (fonctionnaires) restent imposées en France.
  6. Faut-il un budget particulier pour les démarches administratives ?
    Oui. À l’installation, il faut prévoir environ 600 à 1 000 € pour les démarches initiales (NIE, traductions, assistance, formalités fiscales). Des frais ponctuels peuvent s’ajouter en cas de recours à un avocat, notaire ou fiscaliste.
  7. Les retraités doivent-ils souscrire une assurance santé privée ?
    Ce n’est pas obligatoire, mais souvent recommandé. L’affiliation à la CFE ou à une mutuelle espagnole permet d’améliorer la qualité d’accès aux soins, notamment dans le privé. De nombreux retraités optent pour une couverture mixte, plus sécurisante.
  8. Comment gérer les coûts si l’on garde une résidence en France ?
    Un double ancrage génère des coûts additionnels (voyages, entretien du bien, fiscalité croisée). Ces dépenses peuvent être compensées par des arbitrages rendus possibles en Espagne, mais nécessitent une projection budgétaire spécifique.
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